Tombereau, minier, 38,4/40/0 t, 6×4
Pays d'origine : URSS
Conception : MAZ
Production : MAZ, BelAZ
Période de production : 1957 à 1963
Usage : industriel
Parenté :
Au milieu des années 1950, les 25 t du MAZ-525 ne suffisent plus aux volumes des carrières soviétiques. En 1956, un arrêté du ministère de l'Industrie automobile et tractoriste charge le MAZ de concevoir un tombereau de 40 à 50 t pour le compte du ministère de la Métallurgie non ferreuse. Le projet est dirigé par B. L. Shaposhnik.
Le premier exemplaire est prêt début mars 1957. Le MAZ-530 est au fond un MAZ-525 auquel on ajoute un pont moteur et 150 ch, ce qui permet une benne plus grande et une charge de 40 t. Il est le premier camion soviétique à recevoir une boîte hydromécanique planétaire avec convertisseur de couple. Contrairement au 525, dépourvu de suspension arrière, il reçoit une suspension à balancier sur ses ponts arrière, ce qui améliore nettement le confort de conduite : les chauffeurs du 525 glissaient une veste matelassée sous eux, voire conduisaient debout. La cabine est chauffée, et la benne est réchauffée par les gaz d'échappement. Selon les sources, la cabine compte deux ou trois places.
Exposé à la VDNKh en 1957, il obtient le Grand Prix à l'Exposition universelle de Bruxelles en 1958. À l'époque, des véhicules comparables n'étaient construits qu'aux États-Unis, et il reste le premier et unique tombereau lourd 6×4 soviétique. Il est souvent présenté comme le premier tombereau de 40 t au monde, ce qui est inexact : l'américain Euclid 1LLD de 50 t existait déjà.
Son gabarit scelle cependant son sort : 10,5 m de long et 14 m de rayon de braquage le rendent peu maniable en carrière, et dans les années 1960 sa configuration est déjà dépassée. En 1960, la production est transférée au BelAZ, où il prend l'indice BelAZ-530. Mais le BelAZ ayant sa propre conception du tombereau de carrière, la production s'arrête en 1963. Une trentaine d'exemplaires seulement sont construits par les deux usines, quasiment à la pièce, si bien que deux exemplaires strictement identiques étaient rares. Aucun n'a survécu.